Le sujet est ce que l’on pourrait qualifier des serpent de mer aux vues de ses apparitions régulières dans le débat public. Les chaînes de télévision souhaitent que les objets connectés soient taxés au même titre que la télévision. En effet, l’apparition des smartphones, tablettes et ordinateurs permet le visionnage de programmes de télévision et pourtant les utilisateurs de ces appareils ne payent pas la redevance télé.

Une multiplication des supports

Les usages ont profondément changés. Si pendant longtemps la télévision a régné sans partage sur le domaine du multimédia dans les foyers français, il en est désormais tout autrement. Les Français utilisent de plus en plus leurs smartphones, tablettes et ordinateurs pour regarder leurs programmes préférés. 3 à 5 % des foyers français ne possèdent pas de poste de télévision et ne acquittent donc pas de la fameuse redevance servant à financer les programmes du service public.

Élargir la redevance

Malgré la pression de chaînes comme France Télévision et Arte, la redevance télé ne s’étendra pas aux ordinateurs, smartphones et tablettes. Matignon a en effet annoncé qu’aucune taxe ne viendrait s’ajouter à la redevance TV pour les objets connectés. Le montant de cette dernière passera seulement de 133€ à 134€. En effet, taxer les foyers ne disposant pas d’un téléviseur devrait surtout pénaliser les jeunes et les étudiants. Ces derniers, habitués à utiliser leurs tablettes ou ordinateurs investissent rarement dans une télévision. Sont exonérés de cette taxe les foyers qui ne payent pas la taxe d’habitation, les personnes handicapées et les personnes âgées de plus de 75 ans.

Un véritable manque à gagner pour le service public

Difficile d’évaluer ce que rapporterait l’élargissement de la redevance télé aux propriétaires d’ordinateurs, de smartphones et de tablettes. Les représentants de l’audiovisuel public, mécontents du refus du gouvernement, ont annoncé de leur côté qu’un retour de la publicité après 20 heures serait donc envisageable pour pallier le manque à gagner. En effet, depuis 2009, le service public avait supprimé toutes les publicités après 20 heures. Mais l’Elysée s’oppose catégoriquement à ce retour de la publicité sur nos écrans, quels qu’ils soient.